Syndicat FSU des personnels administratifs de l’Éducation Nationale

Pourquoi un livre sur la fonction publique maintenant ?

34746_HRGérard Aschieri : D’abord pour combattre un discours dominant qui ne voit dans la fonction publique qu’un coût à réduire à tout prix et dans le statut une rigidité insupportable et inefficace. Nous avons voulu rappeler une histoire trop souvent perdue de vue et montrer combien la fonction publique s’inscrit dans un long processus. Nous avons fait simultanément le choix d’expliquer à quoi sert la fonction publique, quels sont les principes qui l’organisent, combien le statut est lié à l’existence des services publics et à la prise en charge de l’intérêt général. Nous avons enfin souhaité dire aux fonctionnaires et à l’opinion que la fonction publique et les services publics ont un avenir et correspondent à des besoins qui vont être de plus en plus cruciaux pour l’humanité. Pour cela il faut voir ce qu’elle représente aujourd’hui et mener un certain nombre de débats

Pourquoi un statut de la Fonction Publique et celui-ci est-il  « adaptable » ?

Numériser 33Anicet Le Pors : L’existence d’un statut défini par la loi et qui couvre les trois versants de la fonction publique, État, territoriale, hospitalière, tout comme le choix d’une fonction publique de carrière plutôt que d’emploi, répond à des besoins incontournables: le fonctionnaire est au service de l’intérêt général, responsable devant la nation, à l’inverse du salarié de l’entreprise privée lié à son employeur par un contrat qui « fait la loi des parties ». Le statut le rattache à l’intérêt général au lieu de le renvoyer vers des intérêts particuliers, le sien ou celui de sa hiérarchie, de clients ou d’usagers. En ce sens, il lui permet de jouer le rôle d’une instance neutre au-dessus des parties, un recours en cas de conflits d’intérêts, une garantie pour chacun, quelle que soit sa situation, de se voir traité avec équité et conformément à la loi. De multiples tentatives ont existé visant à substituer le contrat au statut. Aucune n’a abouti même si le nombre de contractuels est aujourd’hui important. Le statut a souvent été modifié mais sa structure a résisté ce qui prouve sa capacité d’adaptation et une souplesse qui n’est en rien de la flexibilité mais la capacité de prendre en compte les besoins des services publics et des usagers dans toute leur diversité et leur évolution.

La fonction Publique n’est-elle pas un coût pour la France ?

GA : Certes elle a un coût mais les études internationales montrent que ni ce coût ni la proportion de fonctionnaires par rapport au nombre d’habitants ne sont aberrants : la France n’a pas sensiblement plus d’agents publics pour mille habitants que par exemple la Grade Bretagne ou les États Unis. Elle en a sensiblement moins que les pays nordiques. Et quand on parle de coût il faudrait mettre en regard ce que cela rapporte : nous pensons que la fonction publique est un investissement et ne pas investir dans les hommes et les femmes qui font fonctionner les services publics et contribuent ainsi aux solidarités, à l’éducation, à la sécurité, à la justice, à la santé, à la protection de l’environnement ou à celle des consommateurs, etc… coûterait très cher à toute la société. Dans un contexte où l’on ne cesse de parler des valeurs de la République il ne faut pas oublier tout ce que la Fonction publique et les services publics peuvent apporter en ce domaine.

Et enfin les discussions en cours  sur les PPCR  et les décisions prises à terme pourraient déboucher sur des modifications assez significatives du statut, suppression de nombreux corps, cadres inter fonction publique …

Dans le contexte actuel qu’en pensez vous ?

ALP : Il nous est difficile à nous qui n’exerçons plus de responsabilité de porter une appréciation sur les négociations en cours. Ce que nous pouvons dire c’est que le nombre de corps et les évolutions qu’ils peuvent connaître ne sont pas en soi une menace pour le statut. Et assurer plus de cohérence entre les trois versants peut sembler positif. Mais tout dépend de la façon dont ces évolutions sont conçues, des objectifs qui leur sont assignés, du respect ou non des principes d’une fonction publique de carrière, de la présence ou de l’absence de l’égalité de traitement, etc…

Par ailleurs il nous semble que dans le contexte il y a des mesures qui s’imposeraient et qui ne sont pas prises, comme la revalorisation du point d’indice ou la résorption de la précarité. Il y a en ces domaines des urgences qu’on ne pourra esquiver longtemps si l’on veut que la fonction publique soit à la hauteur des besoins de notre temps. Ce qui ne devrait pas dispenser, en outre, d’ouvrir des perspectives à plus long terme.

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