Les politiques économiques de la gauche en Fra,ce (1936-2002) – Fondation Gabriel Peri – 20-21 mai 20011 – Actes de juin 2012

Quel rôle ont eu les ministres communistes dans le gouvernement ?  dans le PCF ?

Nous étions au pouvoir, mais nous n’avions pas le pouvoir. Cette période s’inscrit à la charnière de deux cycles trentenaires : le premier suivant la seconde guerre mondiale (croissance soutenue, intervention de l’État, inflation …) ; le second  libéral ( croissance ralentie, rôle déterminant du marché, marqué par la financiérisation de l’économie …) que ponctue la crise financière de l’automne 2008. Les élections dans la plupart des pays développés se radicalisent à droite dans ce contexte ( Thatcher en 1979, Reagan en 1981, Kohl en 1982). L’élection de François Mitterrand apparaît ainsi comme une exception française aux causes historiques et culturellles (planification gaulliste «  à la française », conception étatique communiste, importance de l’administration …) Le Programme commun, ses versions actualisées et même les 110 propositions de Mitterrand en portaient la marque. Ce fut une forte manifestation d’identité nationale

Dans une situation de croissance extérieure ralentie, sous l’influence dominante des politiques libérales, la politique de relance française ne peut prospérer sans volonté politique affirmée. On peut retenir notamment les dates repères suivantes : début octobre 1981 première dévaluation du Franc, la loi de nationalisations du 11 février 1982, de juin à novembre 1982 le blocage des salaires et des prix, en mai 1983 la désindexation des salaires par rapport aux prix. Les programmations sectorielles sont rapidement abandonnées. Les entreprises publiques inscrivent de plus en plus leur activité dans le cadre des règles concurrentielles (démission Chevènement). Les tendances européo-libérales l’emportent au sein du gouvernement et la réaction du mouvement social est faible (tput comme face aux régressions de la périodde de cohabitation 1986-1988). Les conséquences en seront graves : alors que le PIB a doublé en expression courante en vingt ans ( + 30% en euros constants déflatés de la croissance démographique), les salaires perdent 5 à 9 points au profit de la rente de (de 77 % en 1983 à environ 68% aujourd’hui). La politique de négociation salariale dans le secteur public ne s’en est pas remise. Ce qui fait paradoxe, c’est que nombre de réformes initiées avant 1983 n’ont abouti qu’après (le statut général des fonctionnaires, par exemple). Pendant toute la période ministérielle, le PCF n’est à aucun moment intervenu dans notre travail. Il ne  nous a pas non plus apporté de soutien ostentatoire (position prudente de Henri Krasuki au moment  de la désindexation). Comme on le sait, les choses devaient changer radicalement dès notre départ du gouvernement.

On peut tirer  de cette réflexion rétrospective quatre thèmes de refondation idéologique

– Le moment historique. Nous entrons dans un nouveau cycle inverse de celui débutant au tournant des années 1980. Quelle en sera la nature, notamment du point de vue de l’intervention publique, des services publics et des États ?

– L’appropriation sociale.Le silence général sur les nationalisations est une étonnante forme d’irrationalité. Il faut pour le moins tirer les enseignements des nationalisations de 1982 permettant de donner un contenu au concept d’appropriation sociale articulant : économie des besoins-propriété publique-intervention des travailleurs.Le concept vaut aussi bien au niveau national que continental et mondial.

– la démocratie institutionnelle. Plutôt que l’élaboration d’un projet constitutionnel (voire l’évocation d’une confuse VI° République) il importe d’apporter des réponses claires sur quelques questions essentielles : l’élection de Président de la République au suffrage universel, les conditions de recours au référendum, par exemple.

– La citoyenneté. C’est le concept fédérateur de choix politiques essentiels : le service public, le modèle fran çais d’intégration, la laïcité, etc.

Ces chantiers doivent permettre une refondation de l’ « hypothèse socialiste ».

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